bernard-roman

Lundi 19 novembre 2007 1 19 /11 /Nov /2007 16:14

 

Y-a-t'il un pilote dans l'avion? La question se pose devant l'attitude incompréhensible et à tout le moins désordonnée de l'exécutif face à la grève contre la réforme des régimes spéciaux. Manifestement, Sarkozy s'est emmêlé les pinceaux. A vouloir jouer au plus fin, il a abouti à la politique du pire. Dans un premier temps, il a voulu imiter Margaret Thatcher face aux mineurs, cherchant le bras de fer avec les syndicats, fort du soutien supposé de l'opinion. Et puis, comme tout petit Machiavel, il a voulu diviser pour régner, mais les syndicats ne sont pas tombés dans le piège. Il a aussi distribué les rôles entre Fillon et Bertrand, le premier chargé de la fermeté et le second de la négociation. L'objectif du chef de l'Etat était sans doute de ramasser la mise à l'arrivée, à grands renforts de communication et de clairon. Les éditorialistes à sa solde avaient déjà commencé, en fin de semaine, à glorifier la victoire du héros. Las... La grève dure, la jonction avec les autres mouvements, dans les universités et dans la fonction publique, s'opère. La négociation est annoncée pour mercredi seulement, sans que l'on comprenne pourquoi puisque les syndicats en acceptent le principe. Alors finalement, ce matin, l'Elysée se dit prêt à négocier sans attendre. Il est temps en effet.

 


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Mercredi 14 novembre 2007 3 14 /11 /Nov /2007 17:11

 

L'une des premières lois de la XIIIème législature a instauré les peines plancher automatiques. La ministre de la justice assurait ainsi lutter contre la récidive. Lors de l'examen de ce texte, le 17 juillet dernier, j'avais évoqué le risque d'échec de cette réforme. Les peines plancher sont en effet abandonnées par les pays qui les ont instaurées avant nous car elles ne préviennent pas la récidive et aggravent la surpopulation carcérale. L'échec de la loi Dati était donc inscrit dans sa logique. Naturellement, la Garde des sceaux n'a pas écouté les avertissements de l'opposition. Elle s'est enfermée dans ses certitudes. Or voici qu'aujourd'hui, l'un des hebdomadaires les plus « sarkozystes » de France, qui n'est pas le dernier à s'extasier sur le glamour de la ministre, dénonce une « justice à la va-vite  pour les peines plancher ». Il raconte comment, au terme de procès bâclés, il suffit souvent de « vingt minutes d'audience pour des condamnations pouvant aller jusqu'à trois ans ferme ». Le magazine cite des exemples bouleversants. Un jeune homme, récidiviste certes, accusé d'avoir volé une bouteille de whisky à un épicier, a écopé en comparution immédiate de trois ans d'emprisonnement dont dix-huit fermes. D'autres jeunes, toujours issus de milieux modestes, sont incarcérés un an pour le vol d'un blouson dans un magasin ou d'un GPS dans une voiture. L'automaticité des peines plancher aboutit à ces jugements expéditifs, prononcés sur la base d'enquêtes bâclées, au mépris des droits de la défense. Quand la justice institutionnalise ainsi l'injustice, il convient de s'interroger. Mais madame Dati n'a pas le temps de se poser des questions. Ainsi, sur la réforme de la carte judiciaire, qui irrite aujourd'hui même les élus de droite, au point que certains menacent de ne pas voter son budget demain à l'Assemblée nationale, elle persiste à refuser tout dialogue, toute concertation, et entend imposer avec un autoritarisme absolu des fermetures de tribunaux qui pénaliseront les justiciables les plus modestes.

 

 


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Mardi 13 novembre 2007 2 13 /11 /Nov /2007 14:41

Dans le film « La fureur de vivre », deux jeunes lancent leur voiture à tombeau ouvert vers une falaise qui surplombe la mer, et le vainqueur sera celui qui s'éjectera le plus tard possible. J'ai l'impression que le gouvernement et les syndicats se livrent à un exercice assez similaire en ce début de semaine. Sarkozy et Fillon affirment leur fermeté, les syndicats affichent leur détermination: c'est un véritable bras de fer qui a commencé. L'affrontement est devenu inéluctable en raison de l'absence de concertation. Les revendications des cheminots, la colère des étudiants, les inquiétudes des fonctionnaires, résultent d'un même mécontentement: le mépris du pouvoir comme seule réponse à la demande d'équité et de considération qui s'élève dans le pays. Aux Français qui s'inquiètent de la dégradation de leur pouvoir d'achat, l'exécutif ne propose que la provocation. Cadeaux fiscaux aux plus riches, négation de l'inflation, déni des difficultés quotidiennes, connivence avec les puissances de l'argent. Le gouvernement, en communiquant depuis deux jours sur la prévision de grèves dures pour les usagers, espère piéger les syndicats, les pousser à la radicalisation et à la faute. Il parie qu'alors, l'opinion sera de son côté, et qu'il pourra imposer des réformes qui n'ont pas été suffisamment préparées ni négociées. Jusqu'à un certain point, cela s'appelle le rapport de forces. Au-delà, ce serait de la pyromanie. En tout état de cause, la « rupture » sarkozienne  révèle sa vraie nature: c'est la rupture du pacte social qui est en jeu.

 


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