Mercredi 31 mars 2010 3 31 /03 /Mars /2010 09:09

 

Les socialistes ont à plusieurs reprises proposé au parlement l'adoption du droit de vote aux élections locales pour les étrangers en situation régulière. En mai 2000, notre proposition de loi avait été adoptée en première lecture mais n'avait pu aboutir en raison de l'opposition du Sénat. En novembre 2002, j'avais présenté de nouveau cette proposition de loi, mais la majorité de M. Raffarin l'avait repoussée. En 2008, lors des débats sur la révision constitutionnelle, le groupe socialiste a demandé que le droit de vote des étrangers soit inclus dans la réforme. Sans succès.

 

En 2005, Nicolas Sarkozy avait pourtant assuré qu'il acceptait de considérer le droit de vote des étrangers comme « un facteur d'intégration ». Brice Hortefeux, en 2006, voyait dans cette évolution « une mesure simple et juste ». Eric Besson assurait encore en janvier dernier que « vouloir priver des étrangers qui travaillent, vivent, font vivre, et payent leurs impôts, de toute forme de citoyenneté n'a d'autre sens qu'une ségrégation ».

 

La France est en ce domaine la lanterne rouge de l'Europe. Bien des pays européens ont mis en place cette avancée démocratique. La droite française, il faut le croire, est la plus rétrograde, continuant à décliner des arguments qui ne sont que des arguties. L'un d'entre eux consiste à dire que l'opinion n'est pas prête, alors que depuis 10 ans les sondages confirment l'adhésion des Français au droit de vote des étrangers aux élections locales. Mardi après-midi, à l'Assemblée nationale, l'orateur UMP a osé demander à quoi servirait de donner le droit de vote aux étrangers alors que les Français s'abstiennent!

 

Ces raisonnements sont sans valeur. Plus fondamentalement, l'UMP persiste à lier citoyenneté et nationalité. Un député de la majorité l'a formulé ainsi: « Pourquoi vouloir voter en France sans vouloir la nationalité française? »

 

En d'autres termes, pour que les étrangers puissent voter, il faudrait qu'ils deviennent Français! Au-delà de la stupidité de cette remarque, j'observe que le lien entre nationalité et citoyenneté peut se justifier pour des élections nationales mettant en jeu la souveraineté, mais n'est pas pertinent pour des élections locales. A ce niveau, le principe à défendre est celui de l'universalité du suffrage universel.

 

Depuis 1992, les ressortissants communautaires peuvent voter ou être élus aux élections municipales. Le droit de vote aux élections locales pour les résidents étrangers est donc une question d'égalité des droits. Ce principe d'égalité est fondateur de notre République et ne souffre aucune exception. Sauf à accepter que la France ne soit plus le pays des droits de l'homme. Mais l'est-elle encore?

 


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Lundi 29 mars 2010 1 29 /03 /Mars /2010 11:21

Les Français qui viennent de sanctionner Nicolas Sarkozy voulaient un changement, ils ne l'auront pas. Nicolas Sarkozy mercredi dernier, puis François Fillon samedi, l'ont confirmé: il n'y aura aucun changement de cap.

 

Le gouvernement ne prendra toujours pas les mesures qui s'imposent face à la crise. L'hémorragie d'emplois industriels va donc se poursuivre et le chômage continuer à augmenter. Certes, sa progression s'est un peu ralentie en février. Mais selon l'Insee, le taux de chômage, qui s'élevait à 9,6% de la population active en métropole à la fin 2009, et à 10% avec les DOM, devrait atteindre 9,8% au deuxième trimestre 2010 en métropole et 10,2% avec les DOM. Récemment, le président de la République avait pourtant prédit la décrue: « Le chômage va baisser dans les semaines et les mois qui viennent ».

 

Demain on rase gratis, donc. Ce n'est pas l'avis de l'Insee, qui prévoit la poursuite des destructions d'emplois dans les mois qui viennent. Dans l'ensemble de l'économie, elles devraient atteindre 74 200 au premier semestre, soit deux fois plus qu'au second semestre 2009.  De quoi justifier l'inquiétude des Français, qui explique sans doute le recul de la consommation des ménages, jusqu'ici principal moteur de la croissance, pour le deuxième mois consécutif.

 

La préoccupation majeure de la population, comment s'en étonner, est bien le chômage. Notre pays comptait fin février 3 872 000 demandeurs d'emploi, chiffre dont il faut rappeler qu'il est sous-estimé puisqu'il n'intègre pas les salariés en contrat de transition professionnelle ou en convention de reclassement personnalisée à la suite d'un licenciement économique. Ce qui signifie que « plus on a de licenciements économiques, moins on a de chômeurs », comme le constate le secrétaire national du PS à l'emploi Alain Vidalies.

 

De plus, un million de chômeurs arrivent en fin de droits sans que le gouvernement ne s'en émeuve, malgré les demandes des députés socialistes de création d'une Allocation Solidarité Crise.

 

Dans un tel contexte, on serait en droit d'attendre du président de la République, surtout après le coup de semonce des urnes, une inflexion, un signe, quelque chose qui indique une prise de conscience et une volonté d'agir.

 

On serait en droit de l'attendre mais on ne l'a pas entendu. Nicolas Sarkozy a bien parlé de l'absentéisme scolaire, de la burqa, et de la sécurité, encore et toujours, mais pas un mot du chômage. Rien sur l'atonie du marché du travail. Pas une allusion à l'accroissement du nombre de chômeurs de longue durée. Le chômage, pour lui, cela n'existe pas. Il ne veut pas le voir. C'est son voile intégral à lui.


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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 14:16

48,92% d'abstention, 54,11% pour les listes de gauche, 35,38% pour la droite, 9,40% pour le FN, les résultats du second tour ont confirmé les tendances du premier et déclenché une crise à droite. Les interrogations sur Nicolas Sarkozy, jusque là plus ou moins contenues, se libèrent à la faveur de la lourde défaite de la droite. Le groupe UMP rue dans les brancards, le Premier ministre cultive sa différence, tandis que les initiatives prises cette semaine par le président de la République trahissent l'absence de projet. Comment comprendre en effet la contradiction entre la confirmation du cap et des renoncements importants ?

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