Lundi 28 novembre 2011
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Ils sont un peu lassants, à l'UMP. Ses représentants, chef de l'Etat en tête, ont plus d'énergie pour
critiquer le projet socialiste que pour justifier leur bilan ou présenter leur programme. A croire qu'ils ne sont fiers ni de l'un ni de l'autre. Devant le Congrès des maires, le 23 novembre,
Nicolas Sarkozy, soucieux d 'éviter les nombreux sujets qui fâchent les élus, comme ses réformes de l'intercommunalité et du conseiller territorial, a préféré évoquer la proposition de loi
socialiste, votée par les députés en 2000, déposée aujourd'hui au Sénat à la faveur du changement de majorité de la Haute assemblée, sur le droit de vote des étrangers aux élections locales.
Avant d'être président, ce même Nicolas Sarkozy assurait pourtant qu'il ne voyait pas « au nom de quelle logique », dans la mesure où les étrangers non communautaires respectent nos
lois, paient leurs impôts, vivent en France depuis 5 ans minimum, « nous pourrions les empêcher de donner une appréciation sur la façon dont est organisé leur cadre de vie quotidien ».
Ce Sarkozy-là a disparu face à la nécessité pour son parti de chasser l'immigré sur les terres de l'extrême-droite. Ses relais font du zèle, de
François Fillon à Claude Guéant, de Jean-François Copé à Thierry Mariani. Dernière offensive, celle du tout nouveau président du conseil d'administration de l'Office français de l'immigration et
de l'intégration. Dans une tribune publiée par Le Monde, le très sarkolâtre Arno Klarsfeld se déclare hostile au droit de vote des étrangers aux élections locales au nom de l'échec de
l'intégration en France et du risque d'avoir « des listes fondamentalistes aux élections dans certaines municipalités ». Position hasardeuse, indigne et anachronique: ce matin, un
sondage nous confirme que 61% des Français, et en particulier 75% des 25-34 ans, sont favorables à cette mesure dont le chef de l'Etat assure qu'elle divise la population. Comme il nous connaît
mal...
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Jeudi 24 novembre 2011
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Danielle Mitterrand aimait la simplicité et il est délicat de lui rendre hommage avec des mots qui
restituent la grandeur de ses combats sans tomber dans la grandiloquence. Cette femme était un repère dans la conscience des Français. Nous connaissions tous ses engagements. De la Résistance
durant la seconde guerre mondiale à son implication pour l'accès à l'eau, ce « bien commun de l'humanité », au cours des dernières années. Son soutien aux peuples opprimés de la
planète. Son action dans la lutte contre le sida en Afrique. Son amour pour l'Amérique latine où elle se rendait fréquemment. Sa relation avec les Français allait bien au-delà du rôle qu'elle
joua aux côtés de François Mitterrand dans la victoire socialiste de 1981 et au cours des deux mandats présidentiels. Elle avait un lien avec tous ceux qui dans notre pays croient en la justice
et la solidarité, car pour elle ces valeurs imposaient des actes. Sa Fondation était l'aboutissement de ce militantisme authentique. Elle l'avait appelée France-Libertés. Je n'en sais rien, mais
j'imagine que Danielle Mitterrand n'avait pas choisi ces deux mots par hasard, mais parce qu'elle les plaçait au-dessus de tous les autres.
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Lundi 21 novembre 2011
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Le 31 mai 2011, les ministres de l'Intérieur et du travail ont publié une circulaire qui durcit l'application de la loi de 2006 sur l'immigration professionnelle.
Ce texte restreint la possibilité pour les étudiants étrangers, une fois diplômés, d'obtenir une autorisation de travail, même si une entreprise s'est engagée à les recruter. L'objectif de la
« circulaire Guéant » est revendiqué par l'intéressé: afficher, à quelques mois de la présidentielle, une baisse des chiffres de l'immigration légale. Comme toujours avec cette
majorité, la fin justifie les moyens, l'une et l'autre étant de nature électoraliste, populiste et calculatrice. Depuis l'entrée en vigueur de ce dispositif, des dizaines, voire plusieurs
centaines de diplômés étrangers d'écoles comme HEC, l'ESSEC, Polytechnique, Sciences Po, que des grandes entreprises souhaitaient embaucher, se voient refuser leur permis de séjour. Les
conséquences sont déplorables. L'attractivité de notre enseignement supérieur est affaiblie, au point que la Conférence des présidents d'université regrette le préjudice porté aux conventions
passées avec les universités étrangères. Notre pays, avec de pareils procédés, n'attirera plus les talents. Contraire au rayonnement de nos universités, cette politique nuit aussi à notre
économie. L'association française des entreprises privées ainsi que certains groupes industriels déplorent que la France se prive d'élites qu'elle a contribué à former et qui seraient des atouts
dans la compétition économique mondiale. Récemment, les entreprises du secteur informatique et numérique ont explicitement mis en cause la circulaire Guéant dans leurs difficultés à recruter les
bons profils. Mais que pèsent nos valeurs, nos traditions, la vitalité de notre recherche, notre positionnement dans la mondialisation, et accessoirement la préservation de la francophonie, face
à la nécessité pour l'UMP de courir sur les talons de l'extrême-droite afin d'assurer la réélection de Nicolas Sarkozy ?
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