Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 11:13

Sarkozy dévisse avec 31% seulement de bonnes opinions, et son déclin entraîne l'UMP dans une spirale infernale. Les élections régionales se présentent mal. Clearstream saison 2 est mal vécu par l'UMP. Les divisions à droite refont surface et libèrent des ambitions jusque là contenues. Le chef de l'Etat est aujourd'hui contesté dans son propre camp, et cela peut changer le paysage politique à droite après le 21 mars.

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 10:47

Un décret d'application de la loi du 3 août 2009 sur la mobilité dans la fonction publique actuellement en préparation suscite une grande inquiétude.

 

Ce projet de décret relatif à « la réorientation professionnelle des fonctionnaires de l'Etat » justifie en effet toutes les méfiances.

 

Il est présenté dans un contexte de restrictions budgétaires, puisque 100 000 emplois ont été supprimés dans la fonction publique depuis 2007.

 

Surtout, son contenu est ahurissant.  Ce projet de décret permettra de placer en période de « réorientation professionnelle » tout « fonctionnaire dont l'emploi est supprimé dans le cadre d'un projet de réorganisation ou d'évolution de l'activité du service ».

 

Durant cette période, l'agent devra constituer son « projet personnel d'évolution», tout en restant à la disposition de l'administration pour des missions ponctuelles sur d'autres postes, qu'il ne pourra refuser plus de trois fois sans être placé en disponibilité d'office, donc privé de travail mais aussi de salaire!

 

Une fois en disponibilité, l'agent qui refuserait encore trois postes en vue de sa réintégration pourra être licencié. Bien sûr, il est à craindre que ces propositions d'affectations soient inacceptables notamment pour des raisons d'éloignement géographique.

 

Le 25 janvier, le président de la République s'indignait  sur TF1 de la situation des contractuels non titularisés. On dénombre en effet aujourd'hui 841 700 non titulaires qui représentent 16% du total des fonctionnaires. Nicolas Sarkozy est-il allé trop loin? Quoi qu'il en soit, une semaine plus tard, l'Etat envisage de démanteler le statut de la fonction publique et invente le chômage non indemnisé.

 

Il faut toujours se méfier du vocabulaire technocratique. Cela fait longtemps qu'un « demandeur d'emploi » cache un chômeur. Avec ce décret, « réorientation professionnelle » serait un euphémisme pour  licenciement, et « restructuration  de l'Etat » un synonyme de démantèlement de la fonction publique.De sorte que « fonctionnaire » pourra bientôt se traduire par « bouc émissaire ».


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Lundi 1 février 2010 1 01 /02 /2010 11:23

Inquiète des derniers sondages qui traduisent l'effritement des intentions de vote en sa faveur, l'UMP sort l'artillerie lourde. Très lourde, comme elle l'a fait mercredi dernier, et comme elle le refera sans doute. Une conférence de presse le matin, un pilonnage dans l'hémicycle l'après-midi. Le thème: « Comment la gauche fait de la propagande avec votre argent ». Dans le rôle du chevalier blanc, Xavier Bertrand prend la parole pendant les questions au gouvernement: « Les Français doivent savoir que leur argent est en train de financer des opérations de communication politique ». Diable! En réponse, le ministre de l'Intérieur menace: « La commission nationale des comptes de campagne aura à se prononcer, voire à sanctionner ».

 

L'opportunité de lancer cette accusation, 24 heures après le torpillage par le groupe UMP de notre proposition de commission d'enquête, demandée à la suite de la révélation, par la Cour des comptes, des dépenses de sondages de l'Elysée (plus de 3 millions en 2009, près de 2 millions en 2009), m'échappe un peu.

 

Sur le fond, la virulence des propos de Xavier Bertrand et de Brice Hortefeux est d'autant plus déplacée que leurs accusations ne sont pas fondées. Les conseils généraux de gauche sont en droit d'engager des campagnes de communication marquant l'attachement des Français aux politiques sociales conduites par les départements. Un certain nombre de collectivités de droite conduisent d'ailleurs des campagnes à la gloire de la réforme territoriale en débat actuellement au parlement, qui est aussi vantée sur le site du ministère de l'Intérieur. Que je sache, la concomitance entre le calendrier parlementaire et l'échéance électorale est un choix du gouvernement. Et à ma connaissance, des initiatives présentant des informations générales sans faire le lien avec un candidat sont considérées comme institutionnelles et les dépenses correspondantes n'ont pas à figurer aux comptes de campagne.

 

L'épisode de mercredi à l'Assemblée laisse un sentiment extrêmement déplaisant. Comme l'a souligné Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, «  entendre le ministre de la police menacer l'opposition des tribunaux parce qu'elle dit des choses qui ne lui plaisent pas, cela n'existe que dans les régimes autoritaires ».

 

Et, oui, nous avons, chaque jour davantage, l'impression de vivre dans un régime autoritaire.

 

Un régime dans lequel le président de la République trouve normal d'aller en personne remercier les donateurs de l'UMP, en compagnie du trésorier de ce parti, qui est aussi ministre du budget.

 

Un régime dans lequel le pouvoir se défausse sur les collectivités locales, les accusant d'être responsables des déficits du pays, alors que ces collectivités, qui réalisent 73% de l'investissement public, présentent des budgets en équilibre, ne sont endettées que pour le montant des emprunts souscrits pour leurs investissements, et participent à ce titre à hauteur de 10% seulement de la dette globale de l'Etat.

 

Un régime dans lequel le chef de l'Etat ne préside pas le pays mais son camp.

 

Un régime dans lequel le président joue à contre-emploi, ne rassemble pas les Français, mais les divise, et divise même son camp, comme dans l'affaire Clearstream.

 

Un régime de plus en plus inquiet, ce qui ne devrait pas l'autoriser à se montrer de plus en plus inquiétant.

 


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