Vendredi 9 décembre 2011
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Depuis plusieurs mois, le président de la République multiplie des déplacements dispendieux dont les
frais sont assumés par le contribuable. En 2011, il a déjà effectué 62 déplacements. C'est plus que les années précédentes, ce qui laisse penser que le candidat à sa propre succession accompagne
le chef de l'Etat dans ces voyages. Le parti socialiste vient de saisir la Commission des comptes de campagne afin de savoir s'il est légitime que les coûts de ces initiatives, lorsqu'elles
donnent lieu à des actes de propagande, pèsent sur les Français. Le doute existe et la majorité se place d'ailleurs sur la défensive. Le ministre des relations avec le parlement Patrick Ollier
affirme: « Une campagne électorale commence quand le candidat dit qu'il est candidat ». C'est un peu gros, et c'est faux. Si nous posons des questions, il nous est répondu que nous
voulons « interdire au président de présider ». Est-ce présider que de passer une demi journée dans la Creuse, le 11 octobre dernier, à
critiquer le projet socialiste? Ou d'annoncer le programme économique de l'UMP pour 2012 le 15 novembre à Bordeaux? Ou de lancer sa campagne présidentielle à Toulon le 1er décembre? Ces exemples
non exhaustifs révèlent ce qui peut être une infraction à la législation électorale. Un an avant le premier tour d'une élection, tout candidat est tenu d'établir un compte pour ses dépenses. En
l'espèce, la confusion des genres est évidente. Car il n'entre pas dans la fonction d'un président de la République, théoriquement président de tous les Français, de prendre des positions
partisanes en attaquant le candidat de l'opposition et ses propositions. Il n'incombe pas aux contribuables de financer des meetings électoraux. Les déplacements de Nicolas Sarkozy sont évalués
entre 130 000 et 300 000 euros par la Cour des Comptes, sans compter la mobilisation des forces de sécurité, qui sont souvent de l'ordre de quelques
centaines d'hommes. Ainsi, la facture du meeting politique de Toulon atteint plusieurs centaines de milliers d'euros. Ce cinéma coûte cher. Et comme
disait Coluche: « Rigolez pas, c'est avec votre pognon! »
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Lundi 5 décembre 2011
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A chaque jour, ou presque son discours. Depuis son élection en 2007, le chef de l'Etat nous a habitués
à ces déplacements incessants réglés autour de mises en scène rodées et de discours formatés pour passer en boucle sur les chaînes de télévision. Certains de ces shows ont marqué des tournants,
comme celui du discours sécuritaire de Grenoble. Nicolas Sarkozy ayant le culte de sa propre grandeur, ses interventions sont toujours présentées comme « fondatrices ». Nous avons ainsi
assisté, jeudi dernier, au « grand » discours du Zénith de Toulon, dûment rempli de 5 000 sympathisants ou adhérents de l'UMP. Les communicants de l'Elysée, à force de faire le buzz par
anticipation sur cet événement, ont involontairement suscité un bilan de « Toulon I ». Le 25 septembre 2008, dans la préfecture varoise, Nicolas Sarkozy avait en effet promis rien moins
que la moralisation du capitalisme financier, la régulation des marchés et le refus de la rigueur. Trois ans plus tard, le libéralisme est plus
débridé que jamais, les marchés et les agences de notation ont pris le pouvoir, et la France, plongée dans le chômage et bientôt la récession, est déclassée auprès de ses partenaires européens
notamment allemands. Moralité: les discours, « fondateurs » ou non, n'empêchent pas les effondrements. Toulon I avait un temps fait illusion, laissant croire à un président de la
République déterminé et combatif face à la crise qui commençait. Toulon II, discours du renoncement, montre l'image d'un candidat non déclaré mais en campagne et qui, surtout, voudrait bien ne
pas s'encombrer de son bilan de sortant. Il aura du mal.
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Jeudi 1 décembre 2011
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10% de chômeurs en France, c'est pour demain. Pour le mois d'octobre et la seule catégorie A, les
chiffres du chômage traduisent une progression de 1,2%, soit 34 400 nouvelles inscriptions. Sur un an, l'augmentation de ces chômeurs est de 4,9%. Toutes catégories confondues, le nombre de
demandeurs d'emploi est aujourd'hui de 4 775 400, en hausse sur un an de près de 4%. Près de 25% des jeunes de moins de 25 ans sont sans travail et
le chômage des plus de 50 ans, notamment des femmes, explose. En comptabilisant les territoires et départements d'outre-mer, qui ont vu leur taux de chômage croître de 37% au cours du
quinquennat, ainsi que les plus de 55 ans, notre pays compte à ce jour 6 millions de personnes sans emploi. Pourtant, le gouvernement s'obstine dans des choix indéfendables. L'accélération de la
mise en oeuvre de la réforme des retraites, alors que le chômage des seniors s'est aggravé de 15,5% depuis un an, est absurde. Comme est
irresponsable la décision du gouvernement de réduire de 12% les crédits consacrés au travail et à l'emploi. Ainsi, quand l'Allemagne, dont le chef de l'Etat nous vante sans arrêt les choix,
consacre 5 milliards d'euros au financement du chômage partiel, la France gaspille 4,5 milliards d'euros pour subventionner les heures supplémentaires, au détriment de l'embauche. La majorité
s'obstine à additionner les plans de rigueur qui bloquent le retour de la croissance. L'OCDE vient de faire savoir que la croissance française pourrait ne pas dépasser 0,3% en 2012. De nouvelles
mesures d'austérité sont donc inévitables. En novembre 2010, Nicolas Sarkozy promettait qu'en 2011, le chômage allait reculer et l'économie repartir. Bien vu! Un an plus tard, c'est l'inverse. Le
chômage est reparti et l'économie a reculé.
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