Vendredi 6 janvier 2012
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Le premier tour de l'élection présidentielle aura lieu dans une centaine de jours. L'heure de la
confrontation des idées est arrivée. A cet égard, le contraste est frappant entre la vision dramatisée et défaitiste de la France livrée par le président de la République le 31 décembre au soir,
et le message offensif et confiant de la lettre que François Hollande vient de rendre publique. Le candidat socialiste démontre comment l'amplification des effets de la crise est imputable à la
politique de la droite, et souligne la responsabilité personnelle de Nicolas Sarkozy dans la dépression économique qui nous frappe. A la tentative du président actuel de se dédouaner de son
bilan, à son incapacité à proposer des solutions, François Hollande oppose un projet pour le redressement, la réindustrialisation, l'emploi des jeunes. Alors qu'il prétendait en 2008 moraliser le
capitalisme financier, taxer les transactions financières, sanctionner les retraites chapeau et les stock options, le président sortant ne nous propose pour 2012 que la perspective d'un
inéluctable déclin, la soumission aux puissances financières, et la succession de mesures d'austérité qui ont appauvri et précarisé une part croissante de la population mais épargné les plus
favorisés. Il est temps qu'une autre voix s'élève, celle du candidat socialiste qui rappelle le savoir-faire de nos entreprises et leur compétitivité, le dynamisme de notre recherche et sa
vitalité, la qualité de notre culture et son rayonnement, l'importance de nos services publics et leur efficacité. Surtout, François Hollande veut réinstaller les principes de la République au coeur de l'action politique. Cet engagement fondé sur des valeurs terriblement
bafouées au cours du quinquennat finissant est essentiel pour réconcilier les Français avec la politique et leur offrir, en cette période de voeux, une promesse d'espoir.
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Vendredi 16 décembre 2011
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Un certain nombre de pays européens seraient en passe de perdre leur triple A. Mais la France risque de
se distinguer de ses partenaires de l'Union en voyant sa note dégradée de deux crans. Quoi que l'on pense des agences de notation, un pays dont la note est abaissée emprunte sur les marchés à des
taux beaucoup plus onéreux. Il y a quelques jours encore, c'était la hantise de Nicolas Sarkozy, qui affirmait qu'il était « mort » en pareil cas. C'est pourquoi, afin de préserver la
note française, le gouvernement a imposé au pays la réforme des retraites, deux plans de rigueur et la RGPP qui démantèle le service public. Toujours pour -prétendument- sauver le triple A,
Nicolas Sarkozy a tout concédé à Angela Merkel et accepté un nouveau traité punitif sanctionnant les Etats sans aucune mesure de relance de la croissance et de l'emploi en Europe, au point que
les marchés ont marqué leur méfiance immédiatement après le dernier sommet de Bruxelles. Pas le moins du monde ébranlé, le chef de l'Etat explique
désormais que la perte du triple A ne serait pas un drame. Quelle inconséquence! Quelle incohérence! Quand François Fillon se disait « à la tête d'un Etat en faillite », Nicolas Sarkozy
gaspillait 75 milliards en 5 ans pour offrir des cadeaux fiscaux aux plus privilégiés. Pendant tout ce temps, la majorité n'a cessé de calomnier le parti socialiste, qui serait incapable de gérer
un pays. Vérifions et remontons le temps. Depuis près de 20 ans, les périodes où la dette a explosé coïncident avec celles où la droite dirigeait. Depuis 2002, la droite au pouvoir a augmenté la dette publique de 900 milliards d'euros. Depuis 2007, le taux de la dette est passé de 64% à 87%, augmentant de 5% chaque année. Le
gouvernement de Lionel Jospin est le seul à avoir respecté les critères de Maastricht, avec 60% de taux de dette et 3% de déficit budgétaire annuel. Plus loin de nous encore, les déficits ont
explosé entre 1993 et 1997: en 1992 en effet, la dette publique s'élevait à 39,7% du PIB. En 1995, à 55,5%. Entre-temps, de 1993 à 1995, le ministre du budget était un certain Nicolas
Sarkozy.
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Lundi 12 décembre 2011
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11:27
Mercredi dernier à l'Assemblée nationale, Valérie Pécresse assurait très haut et très fort que le gouvernement veille à
la répartition équitable des efforts demandés aux Français, et ajoutait: « Nous taxons plus ceux qui ont plus de patrimoine ». C'est faux, car la politique fiscale de ce gouvernement a
creusé un fossé d'injustices entre les Français. Le quinquennat de Nicolas Sarkozy a construit une France de rentiers et d'héritiers. L'Insee compare trois catégories: les 10% de ménages les plus
riches détiennent à eux seuls la moitié du patrimoine total et disposent en moyenne de plus de 550 000 euros chacun; les 50% de moins fortunés possèdent en moyenne 30 000 euros; les 10% de
ménages les moins aisés ont moins de 2 700 euros de patrimoine brut. La première catégorie a un patrimoine 35 fois supérieur à la seconde (32 en
2004), et 205 fois supérieur à la troisième. Les inégalités de patrimoine s'accentuent donc par le haut. L'écart s'est amplifié à cause du bouclier
fiscal, de la diminution de l'impôt de solidarité sur la fortune et de l'abaissement des droits de mutation et de donation pour les plus aisés, qui ont abouti à concentrer la richesse nationale
entre un nombre restreint de personnes. L'héritage, facteur déterminant des inégalités entre les ménages, a pris ainsi une place croissante dans le revenu disponible des Français. Or, une
économie dans laquelle l'héritage et la rente augmentent perd son dynamisme et son inventivité, et donc sa capacité à préparer l'avenir. Cela s'appelle une impasse. Nous y sommes.
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