Mercredi 9 juin 2010 3 09 /06 /2010 11:06

 

Actuellement, les personnes qui concluent un pacte civil de solidarité produisent au greffier du tribunal d'instance la convention passée entre elles par acte authentique ou par acte sous seing privé. Le greffier enregistre alors la déclaration et fait procéder aux formalités de publicité. Il en résulte un allongement des délais. A Lille, il faut 6 mois pour obtenir un rendez-vous en vue d'un PACS, 6 semaines pour un mariage.

 

Un projet de loi portant sur la « modernisation des professions judiciaires et juridiques réglementées » inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale le 23 juin prochain, prévoit que si la convention du PACS est rédigée par un notaire, l'enregistrement devra obligatoirement être effectué par ce notaire.

 

Ce nouveau dispositif pour les partenaires qui concluent un PACS par acte authentique soulève une interrogation sur le coût supplémentaire induit par le recours à un acte notarié, alors que la procédure devant le greffe du tribunal d'instance est gratuite. Il risque de créer un PACS à deux vitesses: la sécurité juridique sera réservée aux personnes dont les moyens financiers leur permettent de passer un acte authentique et de bénéficier d'un enregistrement rapide, tandis que les autres feront un acte sous seing privé enregistré par le greffe dans des délais bien plus lents.

 

Mais le plus contestable est que la majorité, en cédant ainsi à une revendication des notaires, s'éloigne de l'esprit du PACS. Lors des débats de 1998, nous avions hésité, pour la conclusion du Pacte civil de solidarité, entre le tribunal et la mairie. Plus de dix ans après la mise en oeuvre du PACS, il est évident qu'il est considéré comme un acte d'état civil, puisque deux couples sur cinq optent pour cette forme d'union, et trois sur cinq pour le mariage. Un acte d'état civil peut se déléguer à la justice, mais il relève d'abord et surtout de la fonction des maires. De plus en plus de mairies socialistes proposent des célébrations en plus de la conclusion judiciaire de la convention.

 

La droite a toujours eu un problème avec le PACS. En 1998, elle avait tout fait pour empêcher le vote du texte à l'Assemblée nationale, exactement comme elle s'était opposée, en leur temps, aux projets de Lucien Neuwirth sur la contraception et de Simone Veil sur l'interruption volontaire de grossesse. Les arguments les plus sordides avaient été développés dans l'hémicycle.

 

L'adoption du PACS a été pour les députés socialistes un moment de fierté: cette loi était attendue par la communauté homosexuelle, il était juste qu'elle soit votée, au nom de la lutte contre les discriminations et pour l'égalité des droits. Il ne faut pas oublier que jusqu'en 1981, l'homosexualité en France était un délit.

 

Le dispositif que veut instaurer aujourd'hui la majorité est contraire au sens même du PACS. Nous demanderons sa suppression, car le PACS est un acte d'état civil, l'union de deux personnes qui veulent acter leur vie commune. Vouloir judiciariser davantage cet engagement est tout simplement rétrograde, comme un grand nombre des réformes de ce gouvernement.

 


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Lundi 7 juin 2010 1 07 /06 /2010 11:26

 

 

Le Défenseur des enfants a été créé par le gouvernement de Lionel Jospin, à partir du constat du non-respect par la France des engagements pris lors de la ratification de la Convention internationale des droits de l'enfant. Depuis 10 ans, cette institution a permis des progrès significatifs, notamment dans le champ de la protection de l'enfance et du handicap. Elle a traité plus de 20 000 cas d'enfants dont les droits n'étaient pas respectés par une administration ou une personne privée, ou d'enfants dont les droits n'étaient pas reconnus. Elle a récemment fait par de ses préoccupations dans le domaine de la justice des mineurs, ou du traitement des mineurs étrangers isolés, mais aussi face à l'aggravation de la pauvreté et du mal-logement des enfants dans notre pays.

 

Une institution dont la mission est aussi essentielle doit sa légitimité à sa neutralité. Sa création avait été votée par le Parlement à l'unanimité, en raison notamment de son statut indépendant des pouvoirs publics et du politique.

 

Le projet du gouvernement crée un Défenseur des droits regroupant les compétences du Médiateur de la République, de la Halde, de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), et du Défenseur des enfants. Il est clair que ce regroupement sous une même tutelle d'autorités aussi différentes aboutira à la dilution de leurs compétences et surtout de leur efficacité. On connaissait le précepte « diviser pour régner » : là, il s'agit de regrouper pour affaiblir. Il est plus facile pour le pouvoir de contrôler une institution que quatre, tout simplement.

 

Au Sénat, le rapporteur UMP du projet de loi s'est battu pour que le Défenseur des enfants demeure une autorité indépendante. Avec le soutien d'un certain nombre de sénateurs de la majorité et les voix de la gauche, notamment des socialistes, un amendement au projet gouvernemental a retiré le Défenseur des enfants du périmètre du Défenseur des droits afin de lui restituer son indépendance.

 

C'était évidemment un camouflet pour le gouvernement, qui l'a pris comme tel et a exigé une deuxième délibération qui replace le Défenseur des enfants sous l'autorité du Défenseur des droits, conformément à ce que souhaite l'Elysée.

 

Les sénateurs de la majorité sont ainsi rentrés dans le rang après leur petite fugue.

 

Au-delà de cette piteuse reddition, il faut continuer à se battre, et nous le ferons à l'Assemblée nationale, pour rejeter l'absorption du Défenseur des enfants dans le Défenseur des droits. Le droit des enfants est en effet un droit spécifique, tant sur le plan national qu'international, et l'action du Défenseur des enfants s'inscrit dans les principes de la Convention internationale des droits de l'enfant. Aujourd'hui, comme l'a justement regretté le sénateur socialiste Robert BADINTER, « le véritable vaincu, c'est la défense des intérêts des enfants ».

 


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Vendredi 4 juin 2010 5 04 /06 /2010 10:39

 

Le Premier ministre a installé la semaine dernière le nouveau Conseil national des Villes, destiné à faire des propositions supposées relancer la dynamique du plan « Espoir banlieues », lequel  n'est rien d'autre qu'une coquille vide, sans financement et sans moyens. Les maires des communes sensibles ont lancé un cri d'alarme qui n'a pas été entendu, puisque François Fillon ne voit qu'une urgence, celle d'attendre. Son inertie confirme le désengagement de l'Etat qui abandonne les banlieues à leur triste sort et les maires  à leur solitude.

 

 

L'indifférence coupable des plus hautes autorités de l'Etat, bien loin du « plan Marshall » annoncé par Nicolas Sarkozy lors de la campagne présidentielle

 

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