Lundi 19 mai 2008

Il y a loin de la parole aux actes. Le président du pouvoir d'achat des riches et des droits de l'homme d'affaires a porté ce paradoxe à son paroxysme en un an de mandat. Avec le débat sur la révision de la Constitution qui s'ouvre demain à l'Assemblée nationale, un nouvel épisode de ce décalage entre le discours et l'action va être écrit. Car c'est bien ce scénario qui se profile lorsque l'on voit le peu de considération que l'exécutif accorde au Parlement. Ainsi, alors que les députés ont rejeté le projet de loi sur les OGM mardi dernier, une commission mixte paritaire a été convoquée d'urgence afin de revenir sur ce vote qualifié par le premier ministre d'« incident regrettable ».et de « coup politique ». De la même manière, en Commission des lois, la proposition de loi que j'ai déposée pour démocratiser l'élection des sénateurs n'a même pas été examinée. Que penser d'un pays dans lequel l'une des deux chambres est élue selon un système qui interdit à tout jamais l'alternance? Alors que la gauche dirige actuellement 20 régions sur 22, 58 départements sur 102, et que 60% de Français vivent dans des communes gérées par la gauche, le Sénat, qui représente les collectivités territoriales, restera lors des prochains renouvellements aux mains de la droite, au mépris des résultats des élections locales. Cette anomalie n'existe dans aucune autre démocratie. A l'heure où Nicolas Sarkozy et François Fillon assurent vouloir réformer la Constitution de la Ve République pour donner plus de droits au Parlement et aux citoyens, ces deux exemples confirment qu'ils n'envisagent absolument pas de passer de la déclaration d'intention à la mise en oeuvre de leurs promesses. Cela porte un nom : mensonge.


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Mardi 13 mai 2008

 


Programmes scolaires chamboulés, postes d'enseignants supprimés, et maintenant tentative de briser le mouvement de grève, voilà la logique de Xavier Darcos alors que se profile jeudi 15 mai une journée de mobilisation massive du monde éducatif. Jusqu'ici sourd aux préoccupations des enseignants sur les contenus comme aux inquiétudes des lycéens sur les effectifs, voilà que le ministre de l'Education accuse les jeunes manifestants de se livrer à des « bouffonneries
 ». Il faut dire à Monsieur Darcos que la meilleure défense n'est pas l'attaque. Il faut lui répéter que la demande de crédits budgétaires pour l'éducation nationale n'est pas une « billevesée socialiste ». Il faut lui expliquer que le « service minimum d'accueil » qu'il entend imposer les jours de grève n'est pas envisageable car il revient à demander à des fonctionnaires municipaux de casser le mouvement de revendication des fonctionnaires nationaux. Il faut le mettre en garde contre sa menace de recourir à une loi pour obliger les professeurs à se déclarer en grève 48 heures à l'avance. Ce pouvoir a décidément une vision instrumentalisée et méprisante du monde enseignant. Les « bouffonneries » ne sont sans doute qu'une déclinaison de cette inoubliable maxime sarkozyenne: « Dans la transmission des valeurs, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Et ça, c'est une rupture.

 


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Lundi 5 mai 2008

Depuis le 15 avril, 300 salariés sans papiers d'Ile-de-France, soutenus par leurs employeurs, demandent leur régularisation. Leur revendication est logique, puisque Nicolas Sarkozy se prétend partisan de l'immigration de travail. Pourtant, lors de sa dernière intervention télévisée, le chef de l'Etat a rejeté toute régularisation globale, relayé deux jours plus tard par le premier ministre, qui s'est permis une surenchère sur « l'hypocrisie des chefs d'entreprise ». S'il faut parler d'  « hypocrisie », allons-y! Qui est hypocrite? Qui a promis durant sa campagne de faciliter le séjour régulier des immigrés qui ont un travail, et qui aujourd'hui agit à l'inverse de son engagement? Qui invente une opposition factice entre les immigrés qui travaillent et ceux qui sont au chômage, assurant de surcroît que 500 000 offres d'emploi ne sont pas pourvues, chiffre que ni l'Insee ni l'Anpe n'authentifient? Qui justifie sa fin de non-recevoir en confondant les critères de la régularisation avec ceux de la naturalisation? Ce comportement n'est pas digne d'un président de la République, et il illustre les ambiguïtés de la politique d'immigration conduite aujourd'hui: « Oui » aux expulsions massives, l'objectif de 26 000 étant arbitrairement programmé pour 2008; « non » aux régularisations globales, au prétexte qu'elles créent un appel d'air. Le résultat de ces consignes venues du sommet de l'Etat est révoltant: il n'est pas rare que des immigrés exerçant un travail régulier, venus en préfecture, avec le soutien de leur employeur, pour procéder aux démarches en vue de leur régularisation, soient arrêtés et expulsés. Sur le continent africain, cette France repliée sur sa politique restrictive de l'immigration et des visas inquiète. Les ambassadeurs de France eux-mêmes se font l'écho de ce malaise, né au moment du discours de Dakar, entretenu par la réduction de l'aide au développement, et confirmé par l'allégeance envers les dirigeants africains les plus contestables. La politique de l'immigration conduite aujourd'hui est inefficace et inintelligente. La France est en train de se marginaliser sur la scène internationale et de se fourvoyer sur ses principes. Il reste à espérer que Nicolas Sarkozy ne cherchera pas à profiter de la présidence de l'Union européenne pour tenter de généraliser ses choix désastreux.


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Bienvenue !

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Bienvenue sur mon blog.
Je l'ai ouvert à côté de mon site, qui lui existait depuis près de 10 ans, pour la campagne de l'élection présidentielle et législative.
Mais j'ai pris goût au dialogue avec vous et même entre vous.
Vous pouvez également, si vous le désirez, m’adresser un mail et consulter mon site internet.
A très bientôt,
Bernard Roman.

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