Que l'on soit homme politique, écrivain, artiste, simple citoyen, homme ou femme, jeune ou vieux, croyant ou non, il ne faut jamais désespérer de l'humanité, il faut miser sur la supériorité de la raison sur l'aveuglement, croire en la suprématie de la vérité sur l'injustice.
Il y a cependant de quoi douter au vu du calvaire de Sakineh Mohammadi Ashtiani, incarcérée depuis 5 ans dans une prison iranienne, déjà punie de 99 coups de fouets administrés en présence de l'un de ses enfants après avoir avoué, sous la torture, deux relations amoureuses hors mariage, et aujourd'hui condamnée à la mort par lapidation à la suite d'une accusation invraisemblable de complicité dans le meurtre de son mari, charge dont la jeune femme avait été lavée en 2006.
Sakineh est innocente mais la question à ce stade n'est plus seulement celle de la culpabilité, elle est aussi celle de la peine de mort, de ce droit que s'arrogent encore aujourd'hui quelques pays dans le monde. La peine de mort n'est pas la justice. La justice, c'est d'abord la vérité, qui en l'espèce n'est pas établie, c'est ensuite la proportionnalité de la peine, et c'est enfin l'abolition de cette barbarie qu'est la peine de mort, qui prend ici la forme du supplice de la lapidation: à ce stade, les mots manquent pour exprimer la pensée.
Le monde entier tremble pour Sakineh, victime de sa condition féminine dans un pays qui fait peu de cas des droits des femmes. La communauté internationale se mobilise, les appels de responsables politiques et d'intellectuels se multiplient, les signatures s'entassent au bas des pétitions, mais avec un sentiment d'impuissance qui n'est surmonté que par la volonté de faire ce qui peut être fait pour sauver Sakineh.
Nous sommes totalement démunis face au pouvoir iranien et pourtant la vie de Sakineh est entre nos mains aussi longtemps que les autorités de Téhéran n'acceptent pas de réexaminer leur terrible verdict. N'abandonnons pas Sakineh.


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