Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 11:22


« Il appartient à la majorité de tirer les conséquences d'une élection qui pour être locale n'en a pas moins une dimension politique qui n'est pas contestable ».

 

Cette déclaration est parfaitement adaptée à la situation de la droite au lendemain du premier tour des élections régionales. Elle date pourtant du 28 mars 2004. Elle a été prononcée par le ministre de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy.

 

Six ans plus tard, toute la droite a compris que la sanction de l'électorat la conduit à une déroute dimanche prochain. Sauf ... ce même Nicolas Sarkozy qui, à en croire la presse, explique à ses proches que la droite « sortira renforcée des régionales » et que « l'heure n'est pas aux états d'âme ».

 

La droite vient d'enregistrer son pire score électoral depuis 1958 mais le président de la République est tellement déconnecté de la réalité quotidienne du pays qu'il réduit à des « états d'âme » la sanction de l'électorat.

 

Cet aveuglement est grave. Cela revient à dire que voter ne sert à rien. Les dirigeants de l'UMP assurent que l'abstention neutralise le message du 14 mars, alors même que d'après les premières analyses ce sont les électeurs de droite, par rejet de la politique et des méthodes du chef de l'Etat et du gouvernement, qui sont restés chez eux.

 

Il ne faut pas s'étonner, face à cette loi du silence imposée à l'UMP, que la plupart de ses responsables, et non des moindres, soient inquiets. François Fillon a recadré les troupes hier, assez sèchement pour confirmer l'existence d'une réelle exaspération.

 

Désaccords à droite, donc. Et dans le même temps des accords à gauche. Dans toutes les régions sauf la Bretagne, le Parti socialiste et Europe écologie se présentent unis pour le second tour. Même entente avec le Front de gauche là où il était en situation de se maintenir, à l'exception du Limousin et de la Picardie.

 

Cette dynamique à gauche est un signal décisif. La construction d'une alternative à cette droite  incompétente, méprisante, cynique, qui depuis plusieurs années affaiblit la France et divise les Français, est engagée.

 

Ce rassemblement va permettre à la gauche de continuer à mettre en oeuvre dans les territoires des protections sociales qui contrecarrent autant que faire se peut l'injustice et l'inefficacité de la politique sarkozyste. Il s'imposait pour respecter l'attente des électeurs qui ont voté dimanche dernier pour les listes du PS ou des autres formations de gauche. Il est le gage d'une volonté de clarté et d'union que nous estimons devoir garantir pour que la politique renoue avec les valeurs républicaines que les amis de M. Sarkozy détruisent depuis trop longtemps.


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Lundi 15 mars 2010 1 15 /03 /2010 11:53

 

Le premier tour des élections régionales est marqué par deux records et une confirmation.

 

Le premier record est le niveau de l'abstention: 53 %, contre 37% en 2004. Le rendez-vous démocratique est clairement raté quand plus de la moitié des électeurs pensent que leur vote ne sert à rien. Il y a dans cette défiance vis-à-vis de la politique une interpellation qui s'adresse à tous les élus et un avertissement envoyé à tous les partis, de gauche comme de droite.

 

Cela dit, 17 millions de suffrages font quand même un message, surtout lorsqu'une tendance extrêmement cohérente se dégage du scrutin, comme c'est le cas. En effet, second record de ce dimanche, la droite enregistre un score historiquement bas: seulement 27% de Français soutiennent Nicolas Sarkozy. Le parti unique ne garantit plus à l'UMP la première place dans le paysage politique. Cet échec d'une organisation est aussi celui d'une idéologie: le flirt de l'UMP avec les idées du Front national a boosté ce dernier. Comme toujours, les électeurs ont préféré l'original à la copie, et en ouvrant la boîte de Pandore de « l'identité nationale » et de la burqa, la majorité a divisé le pays et revitalisé l'extrême-droite qu'elle avait pourtant promis d'« asphyxier ».

 

Et puis, bien sûr, la stratégie du parti socialiste est légitimée par les électeurs. Le PS peut se réjouir de cette confirmation même s'il a raison de se garder de tout triomphalisme. Avec 29,5% de voix, nous retrouvons notre première place au sein d'une gauche qui a totalisé hier 50% de suffrages, alors qu'elle n'en réunissait que 40% le 21 mars 2004. Tous les espoirs sont permis pour dimanche prochain et nous devons nous mobiliser cette semaine pour amplifier la dynamique du premier tour en rassemblant autour de nous.

 

Le score du parti socialiste est un formidable encouragement car nous l'enregistrons à l'occasion d'un scrutin sur lequel nous sommes bien identifiés. Les électeurs nous ont jugés hier sur nos bilans dans les 20 régions que nous dirigeons depuis 2004 et sur nos projets pour l'avenir des territoires, donc sur du concret, du crédible, sur du travail et des résultats.

 

Le chef de l'Etat a anticipé son échec la semaine dernière en assurant que le vote était « régional » et n'aurait donc que des « conséquences régionales ». Mais il s'est personnellement investi avec tant d'insistance dans la campagne de l'UMP, que c'est bien à lui que s'adresse le désaveu. Et c'est bien au parti socialiste que les Français demandent de défendre l'égalité et la justice dont cette droite impitoyable les prive. Il nous reste une semaine pour leur prouver qu'ils ont raison, et pour rendre confiance à ceux qui ne votent pas parce qu'ils n'espèrent plus rien.


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Vendredi 12 mars 2010 5 12 /03 /2010 13:10

 

Plusieurs milliers de magistrats, avocats et fonctionnaires de justice ont défilé à Paris mardi pour exprimer leur inquiétude face au projet de réforme du code de procédure pénale présenté le 2 mars par Michèle Alliot-Marie. Ce texte voulu et inspiré par le chef de l'Etat lui-même, organise le transfert des pouvoirs d'enquête du juge d'instruction au procureur. La fin du juge d'instruction, indépendant du pouvoir, est le point le plus préoccupant de cette réforme qui va renforcer la mainmise de l'exécutif sur le pouvoir judiciaire.


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