Lundi 8 février 2010 1 08 /02 /2010 10:08


Le 15ème rapport annuel de la Fondation Abbé Pierre retentit cette année encore comme un coup de tonnerre. 100 000 SDF. 1 200 000 personnes en attente d'un logement social. 3,5 millions de mal-logés dont 600 000 enfants. 6,6 millions de personnes en situation très fragile.

 

En 2007, Nicolas Sarkozy avait un programme: « On laisse s'aggraver une pénurie qui a rendu la propriété impossible pour beaucoup d'entre vous et la location de plus en plus difficile. Cette situation ne peut plus durer ».

 

 

En 2010, il a un bilan: non seulement « cette situation » dure, mais elle empire. Le logement reste une insécurité majeure pour les plus démunis et le devient désormais pour les classes moyennes.

 

Cette détérioration ne doit rien au hasard. Le désengagement de l'Etat se confirme. Année après année, le budget pour la construction de logements sociaux diminue. Le plan de relance et l'emprunt Sarkozy ont ignoré ce secteur et la politique du logement continue à privilégier les investissements spéculatifs. Les lois existantes sont, au choix, bafouées, comme la loi SRU que 40% des communes, surtout de droite, ne respectent pas, ou inapplicables, comme le droit opposable aulogement. Aujourd'hui, l'Etat n'a pas d'argent pour le logement social mais dépense 1 million d'euros chaque jour pour l'hébergement en hôtels!

 

Le gouvernement ment sans vergogne. Quand Benoist Apparu prétend que l'Etat injecte 4,7 milliards d'euros pour le logement social en 2010, il confond délibérément des subventions directes et des dispositifs fiscaux pour masquer la baisse continue des aides à la pierre. Quand il annonce le financement de 140 000 logements sociaux, il oublie de préciser que ce chiffre inclut des logements inaccessibles à la majorité des ménages. Il omet aussi de souligner qu'un tiers du budget consacré au logement, soit 11 milliards d'euros, correspond à des dispositifs de défiscalisation au bénéfice des investisseurs: dans le budget 2010, dix niches pour investisseurs coûtent au total 638 millions d'euros, à comparer avec la dotation de 700 millions d'euros accordée aux HLM. Enfin, quand il souhaite la vente de 40 000 logements sociaux par an, le secrétaire d'Etat au logement ne peut pas certifier qu'ils trouveront preneurs, de même qu'il se garde de tout chiffrage du programme de rachat de logements vacants.

 

Des slogans ne font pas une politique. Il est urgent de lancer un programme de construction de logements sociaux ambitieux et d'imposer une régulation des prix du parc privé. Car le logement est un droit qu'il appartient à l'Etat de garantir aux citoyens. Aujourd'hui, il ne leur garantit que l'exclusion.


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Vendredi 5 février 2010 5 05 /02 /2010 11:13

Sarkozy dévisse avec 31% seulement de bonnes opinions, et son déclin entraîne l'UMP dans une spirale infernale. Les élections régionales se présentent mal. Clearstream saison 2 est mal vécu par l'UMP. Les divisions à droite refont surface et libèrent des ambitions jusque là contenues. Le chef de l'Etat est aujourd'hui contesté dans son propre camp, et cela peut changer le paysage politique à droite après le 21 mars.

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Mercredi 3 février 2010 3 03 /02 /2010 10:47

Un décret d'application de la loi du 3 août 2009 sur la mobilité dans la fonction publique actuellement en préparation suscite une grande inquiétude.

 

Ce projet de décret relatif à « la réorientation professionnelle des fonctionnaires de l'Etat » justifie en effet toutes les méfiances.

 

Il est présenté dans un contexte de restrictions budgétaires, puisque 100 000 emplois ont été supprimés dans la fonction publique depuis 2007.

 

Surtout, son contenu est ahurissant.  Ce projet de décret permettra de placer en période de « réorientation professionnelle » tout « fonctionnaire dont l'emploi est supprimé dans le cadre d'un projet de réorganisation ou d'évolution de l'activité du service ».

 

Durant cette période, l'agent devra constituer son « projet personnel d'évolution», tout en restant à la disposition de l'administration pour des missions ponctuelles sur d'autres postes, qu'il ne pourra refuser plus de trois fois sans être placé en disponibilité d'office, donc privé de travail mais aussi de salaire!

 

Une fois en disponibilité, l'agent qui refuserait encore trois postes en vue de sa réintégration pourra être licencié. Bien sûr, il est à craindre que ces propositions d'affectations soient inacceptables notamment pour des raisons d'éloignement géographique.

 

Le 25 janvier, le président de la République s'indignait  sur TF1 de la situation des contractuels non titularisés. On dénombre en effet aujourd'hui 841 700 non titulaires qui représentent 16% du total des fonctionnaires. Nicolas Sarkozy est-il allé trop loin? Quoi qu'il en soit, une semaine plus tard, l'Etat envisage de démanteler le statut de la fonction publique et invente le chômage non indemnisé.

 

Il faut toujours se méfier du vocabulaire technocratique. Cela fait longtemps qu'un « demandeur d'emploi » cache un chômeur. Avec ce décret, « réorientation professionnelle » serait un euphémisme pour  licenciement, et « restructuration  de l'Etat » un synonyme de démantèlement de la fonction publique.De sorte que « fonctionnaire » pourra bientôt se traduire par « bouc émissaire ».


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