Jeudi 26 janvier 2012
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La promesse de la République, le rêve du progrès, c'est de permettre à chaque génération de vivre mieux
que la précédente. Pour la première fois depuis des décennies, ce mouvement de progrès est inversé. La crise n'est pas seule en cause. Depuis cinq ans, rien n'a été fait pour les jeunes. Pire,
beaucoup a été défait. Près d'un jeune sur quatre est au chômage, avec des pics de un sur deux dans les banlieues et les territoires d'outre-mer. Chaque année, 150 000 jeunes sortent du système
scolaire sans qualification ni diplôme. La scolarisation des moins de 3 ans s'est effondrée, passant de 35% en 2001 à moins de 15% aujourd'hui. La France est l'un des pays où les inégalités
sociales ont l'impact le plus fort sur les inégalités scolaires. Pourtant, le « sommet social » convoqué le 18 janvier à l'Elysée n'a pas évoqué les difficultés des jeunes. Face à cet
abandon, comment la droite ose-t-elle juger inutile la création en 5 ans de 60 000 postes d'enseignants, d'infirmiers scolaires, d'assistantes sociales, ou pour l'accompagnement des élèves en
difficulté? Comment la majorité peut-elle s'indigner de la perspective de 150 000 emplois d'avenir réservés aux jeunes des quartiers défavorisés ou de la création d'une allocation d'études sous
conditions de ressources? Au nom de quoi l'UMP se permet-elle de prétendre que le contrat de génération, qui permettra à des jeunes d'être embauchés en CDI, serait trop onéreux? La crise a été
dure aux jeunes, qui se sont indignés dans bien des pays européens, de la Grèce à l'Espagne en passant par la France où même les plus qualifiés et diplômés ne parviennent parfois à décrocher que
des stages ou des contrats précaires qui les empêchent de construire leur vie. Il est temps, grand temps, que la France offre à chaque jeune la place
à laquelle il a droit. C'est une priorité.
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Lundi 23 janvier 2012
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Tous les socialistes connaissent le parcours et les qualités de celui qui fut pendant onze années leur
premier secrétaire: la connaissance intime d'un pays qu'il a tant sillonné, de fêtes de la rose en banquets républicains, qu'il a noué un lien puissant avec les territoires et leurs habitants; un
esprit structuré capable de définir avec précision les problématiques les plus complexes pour en cerner les solutions possibles; une détermination tranquille inspirée par cette « ambition
d'être utile » transmise, nous a-t-il dit hier, par l'exemple de la générosité de sa mère. Loin de tout volontarisme surjoué, sans promettre des mesures impossibles avant d'avoir engagé le
redressement de notre économie, François Hollande hier au Bourget était convaincant, entraînant, parce qu'il était lui-même, tout simplement. Cette sincérité d'un homme qui parle avec son coeur,
dans la complète harmonie entre son itinéraire personnel et son projet pour la France, chacun dans la salle a pu la ressentir, la partager, y puiser la confiance pour avancer ensemble vers la
victoire en mai prochain. Au-delà des orientations précises que notre candidat a tracées pour restaurer la justice et l'égalité, j'ai particulièrement goûté la réappropriation par les socialistes
de la République malmenée depuis 5 ans. Quel soulagement d'entendre que les nominations abusives n'auront plus cours, que les puissances d'argent n'auront plus le pouvoir, que l'unité nationale
ne sera plus attaquée, que les libertés publiques ne seront plus bradées. Depuis cinq ans, les Français n'ont pas seulement subi les effets d'une politique économique désastreuse qui les a
paupérisés. Ils ont aussi assisté, impuissants, à de véritables attaques contre la cohésion nationale, contre les valeurs façonnées par l'Histoire, contre les équilibre de nos institutions.
Dimanche, la foule du Bourget a pris dans ses mains le flambeau de la République, autour de François Hollande, avec cette conviction d'avoir assisté à la rencontre entre le destin d'un homme et
celui d'un pays.
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Vendredi 20 janvier 2012
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Comme les choses sont simples pour quiconque est membre de l'UMP. Il y a l'avant Nicolas Sarkozy, et
l'après Nicolas Sarkozy. Avant, tout allait mal. Depuis, les problèmes ont disparu. Une fois encore, M. Guéant nous fait la démonstration de ce théorème. Le ministre de l'Intérieur a passé la
journée de mardi à commenter des chiffres flatteurs dont le seul inconvénient est d'être fantaisistes. Il annonce une baisse de 0,34% de la délinquance générale en 2011, cette approche globale
ayant l'avantage pour lui de mêler des faits dont la gravité n'est en réalité pas comparable. Ainsi, il se glorifie d'une « diminution de 1,74% des atteintes aux biens »... mais
n'évoque pas la progression de 17,1% des cambriolages de résidences principales. Il ne précise pas davantage que la moitié de cette « baisse des atteintes aux biens » est imputable au
recul des vols d'automobiles, en raison tout simplement de l'efficacité des dispositifs de sécurité des voitures. De la même manière, M. Guéant insiste sur le fait que les atteintes violentes à
l'intégrité physique sont quasiment stabilisées (+ 0,1% d'augmentation), mais se tait sur d'autres constats: depuis 2007, les violences contre les personnes ont augmenté de 8%, et les vols avec
violence de 7%; depuis un an, les homicides et tentatives d'homicides ont fait un bond de 11,5%. La présentation des chiffres à la sauce Guéant lui
permet de justifier la propagande xénophobe et anti-rom du discours de Grenoble, opportunément réactivée à l'occasion de la campagne électorale. Sur
ce sujet, le ministre est très bavard. En revanche, la liste de ses dissimulations est éloquente: aucune mention du refus des services de police d'enregistrer certaines plaintes, pas un mot sur
les 10 000 suppressions de postes et de gendarmes depuis 2007, et silence absolu sur le sentiment d'insécurité des Français, au zénith en dépit des 26 lois votées depuis dix ans, que Nicolas
Sarkozy trône place Beauvau ou en son Palais.
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